Profil du pays

Swaziland

Travail de Carrefour en Swaziland

Carrefour International travaille avec des organisations locales au Swaziland pour réduire la violence fondée sur le genre, pour promouvoir les droits de la femme. La violence envers les femmes est un phénomène répandu au Swaziland. Pour cette raison, les femmes sont particulièrement vulnérables à une infection par le VIH. Avec un taux de prévalence estimé à 26,1 pour cent, le plus haut taux de la planète, la pandémie de VIH et de sida au Swaziland se répand de façon si surprenante qu’elle entrave tous les efforts de lutte contre la pauvreté.

Pour lutter contre la violence fondée sur le genre, on ne peut pas uniquement compter sur les efforts d’une ONG dont les ressources sont limitées. Tous les intervenants, quels qu’ils soient, ont un rôle à jouer.

- Nonhlanhla Dlamini, Directrice générale, Swaziland Action Group Against Abuse (SWAGAA) et ancienne membre du Conseil d’administration de Carrefour

Faits et chiffres

Nom officiel : Royaume du Swaziland

Population : 1,2 million d’habitants (ONU, 2013)

Capitale : Mbabane

Superficie : 17 364 km2 (6 704 milles carrés)

Langues principales : swazi, anglais (langues officielles)

Religion principale : christianisme, croyances indigènes

Espérance de vie : 48,9 ans (ONU, 2013)

Unité monétaire : 1 lilangeni = 100 cents

Principales exportations : sucre, pâte de bois, minéraux

RNB par habitant : 3831 $ $US (Banque mondiale, 2013)

Politique

Le Royaume du Swaziland est l’une des dernières monarchies absolues. Le chef d’État est actuellement le roi Mswati III, qui a hérité du trône après la mort de son père le roi Sobhuza II, en 1986. Il a nommé un nouveau gouvernement le 16 octobre 2008 et a nommé Barnabas Sibusido Dlamini Premier Ministre.

La loi et les coutumes du Swaziland assurent au roi les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire suprêmes. Le roi exerce un contrôle serré sur le Parlement et sur les forces de sécurité. Le Parlement national — la Libandla – est constitué d’un Sénat et d’une Chambre d’assemblée qui agissent comme organismes consultatifs pour le roi. Les parlementaires sont nommés par le roi ou élus par les « conseils locaux » (Tinkhundlas). Les partis politiques sont par ailleurs interdits au Swaziland depuis 1973.

Le pays a obtenu son autonomie de la Grande-Bretagne à la fin du 19e siècle et est devenu indépendant en 1968. Au début des années 90, les mouvements étudiants et ouvriers ont mené à des réformes politiques et ont fait progresser la démocratie. Par la suite, le roi a cependant fait avorter les réformes. Entouré de pays en voie de démocratisation pacifique comme l'Afrique du sud et le Mozambique, le Swaziland a souvent été décrit comme un îlot de dictature dans un océan de démocratie.

La Constitution de 1968 a été suspendue en 1973 en raison d’un état d’urgence. Depuis le début des années 70, il y a une résistance active à la domination imposée par la monarchie. En 2006, une nouvelle Constitution a été promulguée, garantissant le pouvoir absolu au roi, et protégeant la monarchie d’éventuels problèmes politiques créés par les groupes d’opposition.  

L'absence d'opposition politique officielle au Swaziland rend les réformes et les politiques alternatives pratiquement impossibles. Malgré l'émergence d'une opposition en sein de la classe populaire, les authorités y répondent sous couvert d'une législation anti-terrosite et par l'intimidation. 

Économie

Dépendant grandement de l’Afrique du Sud, qui reçoit 70 pour cent de ses exportations et lui procure 90 pour cent de ses importations, le Swaziland est principalement un État rural. Environ 350 chefs dirigent des communautés où vivent 80 pour cent de la population, surtout constituée d’exploitants pratiquant l’agriculture de subsistance et n’ayant pas accès à l’activité commerciale. Ainsi, plus de 80 pour cent de la population vit de l’agriculture de subsistance.

Le pays a quelques grandes industries, et les plantations agricoles appartiennent à une poignée de riches. L’agriculture représente 11,9 pour cent du produit intérieur brut (PIB), l’industrie compte pour 46,1 pour cent et les services 41,9 pour cent. Parmi les exportations principales se retrouvent les concentrés de boissons gazeuses, le sucre, la pâte de bois, le fil de coton, les réfrigérateurs, les agrumes et les fruits en conserve. La compagnie Coca-Cola ltée est aussi très présente au Swaziland.

Lorsque l’apartheid était pratiqué en Afrique du Sud, le Swaziland représentait une économie de succursale pour les sociétés sud-africaines qui cherchaient à éviter des sanctions. Après l’apartheid, la plupart de ces compagnies sont retournées en Afrique du Sud, ce qui a entraîné un déclin de l’économie du Swaziland.

Le crise économique et financière mondiale de 2009 a eu un impact important sur l'économie du pays; en particulier sur les industries du sucre et de la pâte de bois. Des dizaines d'usines ont dû fermer, augmentant encore un peu plus un taux de chômage déjà important. Le secteur textile n'a pas été épargné et de nombreuses travailleuses ont perdu leur emploi. Les investisseurs étrangers ne sont plus intéressés à investir au pays depuis une dizaine d’années, ce qui n'aide pas du tout l'économie locale.

Pauvreté

Le nombre de terres cultivées et le niveau de productivité agricole au Swaziland ont chuté dans les dernières années. La pauvreté chronique et les pénuries de vivres sont répandues : pour survivre, de nombreuses personnes vendent ce qu’elles possèdent.

Selon l’Indice du développement humain des Nations Unies de 2013, le Swaziland se classe au 141e rang sur 182 pays. Soixante-dix pour cent des habitants vivent dans la pauvreté absolue et la situation se dégrade rapidement en raison du sida. En 2007, 40 pour cent de la population a réussi à survivre grâce à de l’aide alimentaire offerte par l’Organisation des Nations Unies.

Bien que le Swaziland ait reçu de l’aide considérable de la part d’organismes de lutte contre le sida dans les dernières années, y compris plus de 100 millions de dollars du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, son produit national brut par habitant (PNB) le tient à l’écart de la majorité des grands projets de développement et ne lui donne pas accès aux subventions de la Banque mondiale.

Droits de la femme

Selon une enquête publiée en 2007, la première en son genre, une femme swazie sur trois a subi une forme quelconque de violence sexuelle avant l’âge de 18 ans. Les proportions grimpent à deux femmes sur trois chez les 18 à 24 ans.

Avant qu’une nouvelle Constitution soit adoptée en 2006, la femme swazie avait le statut juridique de mineure, et elle n’avait pas le droit d’être propriétaire ou d’ouvrir un compte bancaire sans la permission d’un membre masculin de sa famille ou de son mari.

Les usages sociaux, ainsi que les pratiques économiques et culturelles créent, renforcent et font perdurer les inégalités de genre légalisées et la discrimination dans tous les aspects de la vie des femmes.

Des inégalités de genre profondément enracinées aggravent la pandémie de VIH et de sida au Swaziland. Les femmes continuent d’être beaucoup plus vulnérables que les hommes au VIH/sida. Pour expliquer la hausse de la violence envers les femmes et les enfants observée au pays, certains accusent la conjoncture économique défavorable, les conditions humanitaires précaires, mais aussi le fait que certains hommes séropositifs pour le VIH se croient protégés du sida en ayant des relations sexuelles avec une fille vierge.

 
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